A la rencontre des farfadets islandais

22 octobre 2017

Jour 13 -complément-

Lorsque nous allons faire un premier tour d'horizon dans le camping (car nous ne voulons plus nous faire avoir maintenant !), nous remarquons que la cuisine dînatoire est pleine de monde, malgré l'heure peu avancée chacun semble déjà manger. Nous retournons dans le van attendre que la foule se disperse un peu.
Vers 19h nous pouvons trouver deux places (près de quelques prises !) et quelques feux et éviers disponibles pour élaborer notre repas, qui ne l'est d'ailleurs pas du tout : haricots blancs sauce tomate en boîte !
Un couple et leur pré-ado s'installent plus tard à la table d'à côté : ils sont français ! L'occasion pour nous d'échanger nos impressions sur le pays dans notre langue maternelle, ce qui est agréable.

Nous avons fini de manger depuis un moment lorsque nous remarquons un autre jeune couple qui semble en difficulté pour trouver une place et dîner : nous les invitons à notre table et bavardons avec eux jusqu'à la fin de la soirée ! Ils vivent à Washington mais sont tous les deux originaires d'Inde. Nous parlons longuement des régimes alimentaires (elle ne mange pas de boeuf, sa mère est végétarienne), et de l'Islande bien sûr ! Il s'agit de leur premier jour ici (sur huit) et ils vont faire le tour de l'île dans le sens inverse de celui que nous avons choisi, nous leur indiquons donc les coins que nous avons préférés. En parallèle nous discutons un peu avec les français, qui sont là pour cinq jours seulement et se cantonnent donc au Sud Ouest. Ils nous expliquent qu'ils ont tenté d'aller vers l'Est aujourd'hui mais ont rebroussé chemin car le mauvais temps gagnait du terrain de ce côté là, or la météo indiquait un ciel dégagé et des aurores boréales dans le coin où nous nous trouvons : voilà qui nous intéresse !
Dans tous les cas, nous nous rendons compte à chaque fois que nous échangeons avec un autre voyageur que nous avons vraiment de la chance de pouvoir rester trois semaines ici : tout le monde s'en étonne (positivement) et chacun nous fait comprendre que c'est une rare opportunité, ce dont nous prenons véritablement conscience !

Après une longue discussion avec nos compagnons de tablée (nous nous débrouillons de mieux en mieux en anglais !) nous sortons observer le ciel : une timide aurore boréale est en train de naître et des centaines d'étoiles sont visibles sur une voûte céleste totalement dégagée. On entend le bruit des cascades qui coulent près de nous, mais nous ne nous attardons pas et préférons rentrer le temps que les lumières se développent, ce qui ne tarde pas ! Une partie du ciel d'abord, puis l'aurore se répand, grossit, devient de plus en plus lumineuse et colorée : elle passe ainsi de la seconde position à la première dans notre classement des plus belles aurores boréales observées durant notre séjour.
Ainsi vers 22h tout le monde est dehors, chacun tente de photographier les plus belles lumières, tout le monde s'apostrophe et personne ne craint de laisser ses affaires dans la salle commune : les islandais sont très honnêtes, peut-être cela déteint-il sur les touristes, quoi qu'il en soit la confiance règne dans ce pays.
Nos deux comparses s'avèrent être férus de photographie : ils promettent eux aussi de m'envoyer leurs clichés en échange de mon adresse mail, aussi pourrons-nous peut-être partager ce moment avec vous !

Nous partons nous coucher une heure plus tard, mais traînons un peu à l'avant de notre véhicule d'où nous avons la chance de pouvoir profiter du spectacle tout en étant au chaud et en pensant déjà à demain : il pleut apparemment sur l'Est alors que "notre" région sera à priori épargnée, voilà donc une autre belle journée qui s'annonce ! Cascades, rencontres, aurores boréales, beau temps...une bonne étoile semble veiller sur notre soirée et plus généralement notre séjour, et c'est sur cette constatation que nous nous glissons dans nos duvets.

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21 octobre 2017

Jour 13, Sud Est et Ouest

Rien à signaler de spécial ce matin : le temps est nuageux mais sans pluie (cela devrait rester ainsi toute la journée), il fait plutôt doux (nos 5/6 degrés habituels, bien mieux que les deux degrés que nous avions dans le Nord !), nous prenons la route à une heure tout à fait correcte. Avant de partir je discute un moment avec un australien qui voyage avec sa compagne enceinte : il me parle de leur voyage, de ses craintes de futur papa, de leur problème de chauffage avec leur van. Un instant partagé comme tant d'autres en voyage, et ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime bavarder (même en anglais).

Nous commençons donc la journée par un petit coucou à Foss à Sidu en plein jour : que de cascades dans ce pays ! Nous en croisons d'ailleurs une autre, Stjórnarfoss, prise en otage par cinq photographes armés jusqu'aux dents, et continuons jusqu'à Kirkjugólf ("sol de l'église"). Lorsque ces colonnes de basalte aplaties ont été découvertes on a d'abord cru qu'il s'agissait du sol d'une vieille église, pourtant cette "construction" est tout à fait naturelle (et étonnante !)

La ville et ses alentours regorgent de curiosités, comme par exemple Landbrotshólar, vaste champ de pseudo cratères formés lors d'éruptions en 1783 : les gaz explosèrent lorsque la lave se déversa sur les marécages, créant ces monticules.
Ces éruptions (provenant de 135 cratères !) furent dévastatrices : elles durèrent 8 mois et les 14 km cubes de coulées de lave recrachés recouvrirent 565 km carrés de terres. Une cinquantaine de fermes furent détruites ou gravement endommagées, 9000 personnes moururent, ainsi que les deux tiers des troupeaux islandais : les survivants firent face à la famine. Des nuages de cendres masquèrent le soleil, et les pluies acides touchèrent également l'Alaska, le Japon et l'Europe. Aujourd'hui, en nous promenant dans les champs de lave froide et moussue, il est difficile d'imaginer l'étendue de la catastrophe et des dégâts engendrés.

C'est sans transition que nous avançons ensuite vers Systrafoss, double cascade alimenté par le lac Systravatn que nous atteignons après une bonne grimpette dans une agréable forêt où poussent les plus hauts arbres d'Islande !
Le lac, dans lequel les nonnes se baignaient, surplombe la ville et les champs de lave. Le soleil nous fait même l'honneur de sa présence : quel beau mois d'octobre !

Les montagnes aux alentours sont parsemées de petits points blancs : des moutons partout, à toutes les hauteurs, dans les coins les plus improbables ! Lorsque nous roulons à nouveau nous voyons même un troupeau traverser devant nous.
C'est sur ces joyeuses moutonnades que nous rallions Fjadhrárgljúfur, magnifique canyon que traverse la rivière Fjadhrà et que nous pouvons longer à pieds sur 2 kilomètres, en hauteur. C'est d'ailleurs sur le dernier point de vue que nous assistons à une scène surréaliste : une guide est passée derrière les barrière de sécurité et fait mine de vouloir descendre dans le canyon sur une pente à pic, détachant même une corde pour s'aider. Elle renonce finalement, ce qui nous soulage mais semble attrister le jeune touriste qui l'accompagne et qui avait apparemment fait tomber quelque chose dans la fameuse pente. Nous n'en saurons pas plus malgré nos tentatives d'espionnage !

Puis la Route Circulaire, à nouveau. En direction de Vík elle est bordée des deux côtés par des champs de lave à perte de vue : partout du vert, des tapis de mousse épaisse, des formes rondes et moelleuses. La route se poursuit tranquillement, et nous déjeunons près d'un petit cours d'eau avant d'arriver à Vík : nous sommes dans le Sud Ouest !
Nous ne nous arrêtons que brièvement dans la ville : le camping y est médiocre. Un petit tour au centre d'informations (vraiment très pratiques ces toilettes gratuits !) et nous nous rendons sur la plage de sable noir pour saluer Reynisdrangur : des colonnes émergeant de la mer, trolls qui furent figés par le soleil. Le soleil décline et ne rend que plus belle cette vision !

Un petit passage par Dyrhólaey, promontoire rocheux qui est normalement le repère de nombreux oiseaux, et nous filons vers Skógar où nous espérons passer la nuit. Malheureusement le camping est situé juste à côté du parking attenant à l'impressionnante cascade Skógafoss (62m de hauteur) derrière laquelle un colon aurait caché un coffre rempli d'or. Les toilettes sont donc dans un état indescriptible, pas de salle commune ni de cuisine, douches payantes et prix de base exorbitant : nous partons.

Nous trouvons deux campings très proches l'un de l'autre plus loin sur la route et, le premier étant VRAIMENT sordide,choisissons celui de Hamragardhar, niché entre deux mignonnes petites cascades : notre périple est terminé pour aujourd'hui !

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20 octobre 2017

Jour 12, Sud-Est

Devinez qui nous croisons (encore) dans ce camping ? Nick bien sûr, qui a loué une voiture et semble parti pour faire le même trajet que nous les prochains jours. En même temps, le Sud-Est offre peu de possibilités de sortir de la route Circulaire : celle-ci est certes le départ d'un réseau d'autres routes, mais ces dernières sont pour la grande majorité -voire toutes- classées F. Les F roads sont interdites à tout autre véhicule que les 4×4, il faut même parfois être équipé d'un super 4×4 voire d'un véhicule amphibie pour s'y aventurer, pour cause de passages à gué très dangereux. Les Hautes Terres (le centre donc) de l'Islande sont ainsi impraticables sans moyen de transport adapté aux F roads, ce qui ne nous gêne pas car ce n'est pas la région qui nous attire le plus. Faire le tour de l'île et sortir parfois des sentiers battus nous suffit ! (Enfin, façon de parler, car il est strictement interdit de sortir des routes tracées et de s'éloigner des sentiers balisés, que cela soit en roulant ou en marchant).

Nous nous réveillons "tard" ce matin là (8h40) : pour ma part j'ai eu du mal à m'endormir hier soir à cause des secousses qui ébranlaient le van, ce qui n'a pas du tout perturbé Camille. Pourtant, malgré le vent, la nuit a été chaude : 9 degrés ! Et cela se ressent dehors, où il fait presque bon (nos critères de chaleur on été revus à la baisse). Le brouillard est omniprésent ce matin mais selon la météo nous devrions bénéficier d'une éclaircie à partir de midi, le soleil serait peut-être même de la partie ! Nous ne pressons donc pas pour lever le camp, car il serait plus agréable de pouvoir apprécier les paysages et surtout Jökulsárlón, notre destination. Jökulsárlón est une lagune dans laquelle des icebergs d'un bleu lumineux dérivent tranquillement (parfois pendant 5 ans !), on pourrait même y observer quelques phoques. Cette lagune est célèbre est apparaît dans certains films tels que Batman, James Bond ou Lara Croft. Si nous avons le loisir d'admirer tout cela avec du soleil, pourquoi se priver ?

Avant de prendre la route nous repassons donc par le centre d'information pour finir nos deux expositions d'hier, une bonne manière de joindre l'utile à l'agréable.
Nous le quittons en toute fin de matinée et empruntons une route relativement dégagée tout d'abord, mais très vite la purée de pois nous emprisonne : adieu visibilité, adieu ciel bleu ! Une violente averse s'abat sur nous, il est difficile d'imaginer voir du beau temps aujourd'hui. Et pourtant après quelques minutes le temps s'éclaircit progressivement, nous pouvons commencer à entrevoir vaguement des formes autour de nous, de plus en plus distinctement, le soleil déchire les nuages, des morceaux de bleu luttent pour s'imposer dans le ciel, un arc en ciel apparaît : il est 12h06.

Peu de temps après nous arrivons à...Fjallsárlón , version miniature du Jökulsárlón que nous avons manqué (mais comment avons-nous réussi une telle prouesse ?). Nous allons bien sûr explorer les lieux et rebroussons chemin pour enfin contempler Jökulsárlón. Le lieu est en effet bien plus vaste que son petit frère, et le spectacle est enchanteur. Nous déambulons un moment sur les berges et décidons de manger sur le parking où nous sommes garées, afin de passer le début d'après-midi en compagnie des icebergs.
Lorsque nous revenons dans la lagune, surprise ! Le soleil est maintenant tout à fait présent, la brume s'est levée, la calotte glacière du Vatnajökull se révèle. La nature dans toute sa splendeur. Vous comprendrez que je me sois un peu emballée au niveau des photos et j'espère que celles-ci seront à la hauteur de ce coup de coeur.

Après cet incroyable moment, nous prenons la direction du Skaftafell, coeur du parc National du Vatnajökull (versant Sud donc, pour ceux qui ne suivraient pas). Les panoramas, composés de glaciers, landes de mousse, étendues d'océan, pics rocheux, sont extraordinaires : la réputation du Sud n'est pas surfaite !

A partir du centre d'informations, nous attaquons une petite randonnée aussi colorée que bucolique ; nos pas nous mènent à Svartifoss ("la cascade noire"), superbe cascade entourée de colonnes géométriques de basalte, qui nous fait forte impression. Notre marche est ponctuée de pépiements d'oiseaux que nous apercevons dans les herbes et arbustes.
Malgré le soir tombant nous décidons de poursuivre notre route vers Kirkjubaejarklaustur (que les habitants préfèrent nommer Klaustur, on comprend pourquoi !). Du bord de la route nous apercevons la très belle cascade de Foss à Sidu que nous reviendrons prendre en photo demain car la nuit est maintenant trop avancée. Nous atteignons Kirkjubaejarklaustur peu après : la camping est ouvert, nous n'en demandions pas plus ! Mais c'est toutefois un plaisir de se rendre compte qu'il est pourvu d'une salle commune/cuisine chauffée et chaleureuse, de toilettes et douches propres (mais néanmoins payantes) et d'un sympathique gardien nous indiquant les balades sympa du coin et le temps pour demain.

La journée s'achève donc en beauté !

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19 octobre 2017

Jour 11, Sud-Est

Comme nous l'avions pressenti hier soir, nous sommes très nombreux dans ce camping, c'est encore plus flagrant au grand jour ! Nous y retrouvons même Nick qui est lui aussi allé à Seydhisfjördhur et qui en est enchanté.
Nous partons assez tôt ce jour là et, après avoir fait un demi plein d'essence, prenons la direction de Stödhvarfjördhur sous une triste pluie qui ne nous quittera a priori plus (mais en Islande rien n'est jamais joué au niveau du temps !).
Nous traversons un très agréable vallon entièrement moussu et zébré de fines cascades, puis la route se fait plus mauvaise et notre van est assailli par les gravillons : l'occasion de nous féliciter encore une fois d'avoir opté pour l'assurance gravier !
En haut de la pente, et au détour (de la rivière) de la route nous débouchons sur une immense vallée en contrebas, et observons la route et ses lacets tortueux, virages en épingle à cheveux et autres tournants improbables qui font se dresser mes cheveux (propres) sur ma tête : tout ce qui monte doit redescendre mais je ne suis vraiment pas à l'aise jusqu'à ce que la route retrouve une rassurante horizontalité !

La pluie se fait plus légère, la brume prend possession des montagnes alentour, le bruit des impacts de cailloux disparaît car la route est à nouveau goudronnée : l'atmosphère devient mystérieuse voire mystique, chaque virage nous apporte son lot de surprises (et de moutons). La lande défile, et on pourrait presque imaginer le chien de Baskerville surgir du brouillard !

Nous arrivons près de la mer que nous longeons un moment avant d'apercevoir Stödhvarfjördhur, très petit village abritant Steinasafn Petru ("collection de pierres de Petra"), le plus grand musée minéralogique privé au monde (!!) [histoire du musée en photo]. Malheureusement celui-ci est fermé depuis le...15 octobre [tristesse]. Nous tentons d'appeler sans succès, aussi quittons nous les lieux non sans avoir salué les oiseaux incroyablement peu farouches perchés sur les panneaux explicatifs !

Plus tard nous dépassons Djúpivogur, ce qui marque notre entrée "officielle" dans le Sud Est ! Nous aurions a priori pu dormir dans le camping de cette ville, ouvert jusqu'en octobre, mais il est à peine 12h30 et le mauvais temps ne permet pas de promenade : nous projetons de descendre jusqu'à Höfn (la plus grande localité de la région), ce qui ne devrait pas prendre longtemps car rien ne justifie de s'écarter de la Route 1 jusque là.

Effectivement, nous nous garons à Höfn vers 14h : le camping y est ouvert, ce qui est une excellente nouvelle. Les rafales de vent sont incroyablement puissantes et la pluie nous fouette le visage : le pique-nique se fera à l'intérieur aujourd'hui !

Avec ce temps il serait dommage de continuer notre route car l'épaisse brume nous empêche de profiter des paysages. De plus le prochain camping semble se situer quasiment au Sud Ouest, soit trop de kilomètres à parcourir dans des conditions peu optimales : il est encore tôt, mais nous passerons le reste de la journée et la prochaine nuit ici ! Il n'y a pas grand chose à visiter à Höfn, si ce n'est le centre d'information qui abrite deux intéressantes expositions sur la faune et la flore ainsi que sur l'histoire d'Höfn (vestiges à l'appui), malheureusement celui-ci ferme avant que nous ayons terminé la visite. D'où un retour au van et une après-midi/soirée cosy, malgré le vent !

Il y a donc peu de photos pour aujourd'hui : nous ferons mieux demain =)

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18 octobre 2017

Jour 10, Est

Nous entamons aujourd'hui notre quatrième jour sans douche chaude. Car oui, la douche est payante, et la gardienne n'est jamais venue de 20h à 20h30 mais seulement ce matin de 8h à 8h30 (selon le petit panneau à la réception, elle aurait dû être présente à ces deux horaires). Mes cheveux ressemblent à tout sauf à des cheveux, et je pourrais tout aussi bien me transformer en iceberg dans l'heure qu'on ne verrait pas la différence, malgré une nuit exempte de froid dans notre petit van bien chauffé .
Quoi qu'il arrive, ce soir bain chaud pour tout le monde !! Et pour les petits malins qui se disent que nous aurions quand même pu nous doucher hier soir, sachez que leur système est réfléchi et qu'un jeton spécial doit être inséré pour que l'eau de la douche coule.
Fait très intéressant : la gardienne nous apprend que le camping...ferme aujourd'hui, nous sommes donc les dernières à l'utiliser ! Nous le laissons donc hiberner après un petit déjeuner à moitié congelé seulement (notez le progrès !)

Nous projetons aujourd'hui de visiter Seydhisfjördhur, petit village d'artiste situé sur la côte non loin d'Egilsstadhir (mais si, souvenez-vous, la plus grande ville de l'Est !). Il nous faut pour cela revenir dans celle-ci par la même route que celle empruntée hier (oui, cette route qui monte au dessus du vide puis redescend abruptement) et suivre la 93. La route nous fait franchir un col dont le sommet est saupoudré de neige et percé d'une multitude de points d'eau gelés. Nous avons l'impression d'entrer dans un univers parallèle, dans une nature encore plus majestueuse et sauvage, et déjà nous amorçons la descente (ah, ces pentes qui me semblent être à pic et ne me rassurent pas du tout...) pour entrer dans Seydhisfjördhur. C'est effectivement un village d'artistes : les amateurs de street art seraient ravis ! Maisons décorées, galeries d'art, boutiques de créateurs...Le tout enveloppé dans un écrin de montagne d'où s'écoulent de fines cascades. Le soleil n'est plus parmi nous, mais le tableau (c'est le cas de le dire !) est charmant.

Le tour du village se fait rapidement, nous revoilà déjà en haut du col (la descente dans ce sens là nous offre une formidable vue panoramique sur le lac Lagarfljót, troisième plus grand lac d'Islande et le plus long du pays) puis à Egilsstadhir. Nous allons jeter un oeil vers le camping du centre à tout hasard : il est ouvert !! Du moins les douches, les toilettes, la buanderie, ce qui nous permettra de faire une lessive bienvenue ! Nous y reviendrons donc ce soir après la piscine, et c'est joyeusement que nous partons en excursion à Lagarfljót. La légende raconte qu'un monstre, le Lagarfljótsormurinn, y vivrait depuis l'époque Viking : il aurait la forme d'un serpent et un fermier prétendait même l'avoir filmé en 2012 !
Nous dégustons donc nos chips de feuilles de chou sur les rives du lac en guettant le Nessie local mais rien en vue, et surtout pas le soleil : dommage !

Autour du lac se tient Hallormsstadhaskógur : il s'agit de la plus grande forêt d'Islande, qui est plutôt...fanée en cette saison. Nous nous y promenons un moment puis, le temps se gâtant, nous revenons sur nos pas : direction la pisciiiiine ! Une douche avant (vous savez celle où il faut être tout nu), une autre après, et bien sûr le hot pot entre les deux. Le bonheur total. Aaaah, entrer laborieusement dans le baquet d'eau à trois degrés (gloups), plonger dans celui à 41 (re gloups) et se sentir comme un homard l'espace d'un instant ! Bon, on aurait bien noyé deux/trois enfants turbulents, mais ce n'est qu'un détail.
La possibilité de faire une lessive par la suite accentue cette ineffable impression de fraîcheur et de propreté : nous nous sentons bien, tout simplement.
Évidemment tout cela était beaucoup trop simple : la machine et le séchoir sont tous les deux payants, 800 couronnes chacun !! Uniquement en pièces de 100, soit 16 pièces de 100 couronnes à rassembler. Que nous n'avons bien sûr pas sur nous ! Nous voilà reparties à la recherche d'un magasin qui accepterait de faire de la monnaie (Pour les curieux, 800 couronnes équivalent à peu près à 6,5 euros).
Une fois cela fait (merci la station service !), reretour au camping, où le wifi est également payant en supplément, la cuisine et la salle commune étant fermées. Payer le prix fort pour la moitié des service nous agace un peu mais bon, dans ce coin, impossible de faire la fine bouche !

Demain nous entamerons la descente vers le Sud, réputé extraordinaire : nous verrons bien !

PS : les albums photos sur le côté ne peuvent plus se mettre par ordre chronologique maintenant qu'on a atteint la dizaine mais ils seront mis à jour en même temps que les articles donc guettez bien !

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17 octobre 2017

Jour 9, Est

En fait nous n'étions pas bien loties du tout : cette nuit fut sans contexte la plus pourrie et la plus glacée depuis le début de notre séjour, et ce malgré nos polaires, chaussettes épaisses, sous-pantalons et même ma cagoule !
C'est grelottantes que nous nous éveillons d'une somnolence non réparatrice dans un univers givré à perte de vue, sous un agréable ciel.
Le lait et le jus d'orange, que nous laissons toutes les nuit dehors (frigo naturel !) ne sont plus que deux blocs congelés : il faudra se contenter de barres de céréale (très dures) ce matin, et de fruits secs comme encas.

Nous observons de loin les moutons qui paissent une sorte de mur végétal, seules herbes vertes du coin.
Quand nous revenons au van, surprise ! Celui-ci est couvert de givre et nous n'avons rien pour gratter, si ce n'est ma carte vitale. Heureusement une fois le moteur allumé tout va mieux, et c'est vers 10h que nous partons tous les trois vers Egilsstadhir, la plus grande ville de l'Est !

Les collines, montagnes et champs aux alentours de la route 1 dont finalement parsemés de givre, les cours d'eau partiellement ou complément gelés, le brille à perte de vue. Selon Nick, les températures sont descendues bien bas cette nuit, et nos doigts de pieds encore bien froids confirment !
Nous ne croisons pas âme qui vive, ni traces de fermes, pas d'animaux. Parfois d'immenses plaines s'ouvrent à nous, on pourrait se croire seuls au monde mais déjà une voiture arrive en face et la magie est brisée.

Nous arrivons à Egilsstadhir et profitons du centre d'informations pour faire le plein de prospectus et passer aux toilettes ! La dame du centre nous indique que tous les campings du coin sont fermés, comme nous nous y attendions. Nous avons déjà repéré la piscine de la ville et comptons bien nous y doucher ce soir, et profiter des bains chauds bien sûr ! Nous laissons Nick ici, sans oublier de lui donner notre adresse mail, et partons pour Borgarfjördhur, un des fjords de l'Est les plus beaux (paraît-il).

1h15 plus tard nous déjeunons faaaace à la meeeeeer (Calogero sors de ce corps), sans un souffle de vent et au soleil, sur une table en pierre assez pittoresque. Les odeurs salées et la musique des vagues nous parviennent et durant un instant je me crois revenue à Marseille, en mettant de côté les algues givrées et la route improbable pour parvenir jusqu'ici.
Le tout respire le calme, le sel et la sérénité, le soleil est encore avec nous et c'est un petit miracle !
Nous nous rendons compte que nos courgettes et nos bananes aussi ont gelé durant la nuit, et le problème de la vaisselle commence à devenir préoccupant : nous n'avons pas tant d'ustensiles que ça et le sac de vaisselle sale se remplit...Il nous faut vraiment trouver un camping.

Le village n'est pas grand : 90 habitants, peu de maisons. Quelques points d'intérêt : une maisonnette de tourbe très mignonne, un tertre censé être la maison de la reine des elfes, un petit port relié à une avancée herbeuse servant de poste d'observation pour les oiseaux. Le tertre est situé juste à côté d'un petit camping, que mon guide indique fermé. Nous allons vérifier à tout hasard : le tuyau d'eau de l'extérieur fonctionne, nous pouvons remplir notre bidon ! Autre (très) bonne surprise : une des douches, un des toilettes et la salle commune/cuisine chauffée sont ouverts. Nous pouvons enfin faire notre vaisselle et un brin de toilette, ce qui est TRÈS appréciable.
Après réflexion nous décidons de finir la journée ici : le soleil est déjà bas dans le ciel, nous sommes fatiguées de notre nuit, nous avons le temps, le coin est joli, les campings d'Egilsstadhir sont fermés. Nous y reviendrons demain pour la piscine, la découverte du lac Lagarfljót et sa forêt alentour.

C'est donc tranquillement que nous visitons le reste du village et le port d'observation, nous y apprenons que les puffins (que nous n'avons aucune chance de voir en cette saison) creusent des tunnels pour y établir leurs nids. Nous restons un moment sur le plateau d'observation, bercées par les cris des mouettes et le ressac.

Le reste de la journée sera consacré à diverses occupations : lecture, écriture, balade sur la plage, jeux vidéos, visite aux chevaux. ..Cette après-midi est plutôt tranquille et cela fait du bien ! Nous ne savons pas si quelqu'un viendra réclamer des sous pour l'emplacement et les commodités du camping, dans tous les cas nous sommes heureuses de pouvoir en profiter.

Le soleil disparaît vers 16h30 derrière les montagnes : une autre façon de nous faire sentir que nous sommes à l'Est !

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Jour 8, Nord (Ásbyrgi, Krafla)

Pas d'eau chaude dans le camping ce matin : l'occasion pour moi de me demander s'il vaut mieux faire la vaisselle à l'extérieur mais avec de l'eau chaude ou à l'intérieur avec du liquide glacé. Une chose est sûre : dans les deux cas, mes mains n'apprécient pas !
En fait ce terrain semble à l'abandon : mégots et poussière jonchent le sol des toilettes et de la cuisine, les odeurs et la crasse s'accumulent partout...Même la wifi promise ne se capte pas ! Heureusement ce camping a la décence d'être gratuit (du moins personne n'est venu taper au carreau et nous n'avons jamais vu la guérite du gardien ouverte), c'est donc avec plaisir que nous le laissons derrière nous et reprenons la route sous un ciel bleu parfait : pas le moindre bout de nuage à l'horizon !
Après avoir fait le plein (en prévision de l'Est) nous nous dirigeons vers le Parc National du Vatnajökull, côté Nord (ce parc couvre également un versant au Sud, il est d'ailleurs prévu que nous allions y randonner), et plus précisément vers Ásbyrgi et Dettifoss.
La route qui y mène est véritablement superbe, et le soleil y est pour beaucoup : les jeux de reflet sur l'eau (océan, lacs ou flaques), les landes, les montagnes enneigées ou non, les volcans, les vagues se fracassant contre les roches sombres...On ne le répétera pas assez, tout est beau dans ce pays !

Nous arrivons à Ásbyrgi, qui est une gorge verdoyante en forme de fer à cheval et, comme souvent en Islande, deux théories (l'une plus fantastique et l'autre scientifique) expliquent son apparition (en gros, on parle de cheval volant à 8 pattes ou d'éruption volcanique). Il est possible de se promener dans la petite forêt bordée par la paroi, ce qui est très plaisant : un calme olympien règne sur les sapins, les bouleaux, et le lac majestueux alimenté par une légère source qui coule du creux du fer à cheval est le clou du spectacle. La gorge nous abrite du vent (qui ne souffle de toute façon pas), nous n'avons ni manteau ni bonnet ! Nous nous payons même le luxe d'être seules et de partir lorsque trois voitures arrivent sur le parking. Direction Dettifoss, à 25 km de là ! Mais en fait non car les deux routes y menant par le haut sont fermées. Désillusion, d'autant que celles-ci nous auraient permis de rallier la route 1, plus bas. Nous voilà contraintes de refaire en sens inverse la route prise ce matin, de repasser par Húsavík et Mývatn (à peu près 2h). La recherche du lava bread est donc relancée plus tôt que prévue, elle s'avère tout aussi infructueuse que la première fois. Tant pis !

Nous retrouvons notre bonne vieille route Circulaire, mais la quittons aussi vite pour nous rendre dans la zone de Krafla, après avoir aperçu les paysages tout aussi impressionnants que lunaires d'Hverir. La zone de Krafla, volcanique donc, est...fumante. Elle nous permet de rejoindre le cratère de Viti et son lac après avoir mangé (dehors !!!) face à la centrale géothermique et aux glaciers.

Nous nous lançons ensuite dans une courte double randonnée au travers des fumerolles, pierres volcaniques, cratères, marmites bouillonnantes...Les paysages sont extrêmement impressionnants, mêlant fumées brûlantes, neige et mousse. Ice and fire. Un mélange de désolation et de grandiose.

La journée se termine en beauté par une visite à Dettifoss (ouiiiiii on a pu le faire !), il s'agit d'une des cascades "les plus impressionnantes d'Islande". Son panache de gouttelettes serait visible à 1 km grâce à son débit de 193 mètres cubes, et nous le voyons effectivement de loin. Je ne peux pas vraiment en dire plus, les photos parleront d'elle même.
Peu avant d'y arriver nous prenons en stop un jeune californien qui habite maintenant en Suisse, il nous accompagne donc à la cascade et plus tard dans notre recherche d'un camping, qui n'est vraiment pas aisée. Vers 19h, à Grimsstadhir, nous essuyons un échec. Par chance, un gentil papy islandais nous indique un camping à 40 kilomètres de là, ouvert a priori : nous croisons les doigts ! Direction Mödhurdalur.

Le lieu est effectivement ouvert mais n'a de camping que le nom et le panneau : un champ glacé (il fait -3 degrés), toilettes HS, pas d'eau aux lavabos, pas de salle commune, pas de cuisine, douches payantes en supplément (que nous refusons). Donc le champ,loin de toute civilisation, perdu au milieu de rien. Pas d'internet, quasiment pas de réseau, mais un ciel dégagé au possible, constellé de mille et mille étoiles et d'une aurore boréale naissante, qui prendra de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure de la soirée, avec l'entièreté du ciel comme scène. C'est évidemment à tomber par terre (mais mieux vaut éviter). Pour notre nouvel ami comme pour nous, la plus belle aurore boréale observée jusqu'à maintenant ! Les jeux de lumière sont fantastiques et Nick, photographe à ses heures perdues, promet de nous envoyer ses photos par mail. Camille et moi voyons même une étoile filante chacune ! Pour parfaire le tableau, un chat blanc vient quémander quelques caresses et nous colle tous les trois tout au long de la soirée.

Nous explorons encore les lieux et dégotons deux petites chambres dans ce qui semble être des maisonnettes aux toits de tourbe : pour ne pas avoir payé "pour rien", nous décidons de nous installer ici, avec l'électricité, le chauffage, un vrai lit.
Nous n'aurons pas tout perdu !
Nous mangeons ensemble sur la petite table devant nos "maisons" : il fait extrêmement froid, mais c'est si beau ! Le félin ronronne à qui mieux mieux, n'hésitant pas à grimper sur nos genoux voire carrément sur nos épaules.

Nous nous rendons compte qu'il nous sera de plus en plus difficile de trouver des campings ouverts (et décents), surtout dans l'Est...Mais finalement, nous ne sommes pas si mal loties dans notre chambrette !

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15 octobre 2017

Jour 7, Nord (Húsavík)

Nous nous réveillons froidement ce matin, malgré le temps très dégagé et l'absence de vent ! Coup d'oeil à la météo : il fait 1 degré, ressenti -1.
Le givre a recouvert une bonne partie du camping et les glaciers alentour sont maintenant bien visibles, ce qui accentue la sensation de froid.

Il faut bien reconnaître que ce camping est idéalement situé, la vue sur le lac Mývatn est splendide. Toutefois, et nous l'avons appris à nos dépens hier soir, la cuisine n'est pas du tout chauffée et ne dispose pas d'évier à l'intérieur : vaisselle aux lavabos extérieurs donc, avec de l'eau chaude heureusement, mais tout de même, pour un camping aussi cher que celui de Reykjavik...On est un peu déçues des services !
Grosse consolation : la deuxième aurore boréale admirée hier soir, celle-ci ne se privant pas d'évoluer dans un ciel totalement clair et le traversant de part en part !

Nous quittons donc le camping d'Hlíd à la recherche de ce fameux "lava bread", ce qui est un échec dans les quatre potentiels points de vente que nous avions repérés. Il faudra retenter demain ! Nous nous rabattons donc sur une petite randonnée au lieu dit Dimmuborgir ("châteaux noirs"), un magnifique champ de lave aux sculptures naturelles déchiquetées s'étant formées il y a 2000 ans. Le tout sous un ciel bleu et un soleil revigorant : celui-ci rend les panoramas encore plus beau, et sera apparemment notre compagnon pour deux jours encore !

Pour une question d'organisation, nous prenons ensuite la direction de la ville d'Húsavík, la plus importante en terme d'observation des baleines. Le départ du bateau se fait à 9h30 le matin ou à 14h l'après midi, c'est cette option que nous retenons. Il nous sera possible de revenir à Mývatn demain pour une randonnée dans la région volcanique à proprement parler (marmites de boue, jets de vapeur, haute température...).

Pour l'heure nous avançons donc vers Húsavík et, si l'entrée de la région du Mývatn nous semblait désolée, cette portion de route est carrément désertique ! Rien, sinon du sable noirâtre et quelques arbres secs. Cela ne dure toutefois pas et nous retrouvons la "civilisation" (quelques fermes ici et là) et un semblant de nature. Et plus loin, la ville.

Húsavík se veut le plus beau port du Nord Ouest, et il faut avouer que les maisons y sont bien plus charmantes que celles que nous avons vues jusqu'ici. Le port qui fait face aux glaciers vaut également le coup d'oeil (ou la photo !). C'est d'ailleurs là que nous mangeons avant de nous habiller plus chaudement pour rejoindre notre embarcation, pour un départ à 14h. La dame des tickets nous explique que le temps est très propice à l'observation des baleines (mais peut-être le dit - elle à tout le monde) et que nous avons de la chance d'avoir un si beau temps en octobre (ça, elle ne doit pas le dire souvent !)

Nous sommes une trentaine sur le bateau et revêtons tous une combinaison rouge ultra sexy (spoiler : non pas du tout). Chacun trouve une place, debout ou assise, et écoute le "présentateur" (je l'appelle comme ça car il avait un micro, mais c'est évidemment un membre de l'équipage). Consignes de sécurité, explications et données scientifiques diverses nous bercent durant la sortie du port. Monsieur Micro nous explique ainsi qu'à bord du bateau on utilise le système du cadran pour signaler la présence d'animaux : l'avant du bateau représente midi, l'arrière 6h, le côté droit 3h et le gauche 9h. Évidemment le reste suit également l'ordre des aiguilles d'une montre !
Nous passons devant l'île des puffins (ici les puffins sont en fait des macareux, et pas du tout les oiseaux bizarres que ma mère aime tant), mais il n'y en a plus en cette saison car leur nidification est terminée.

Nous nous éloignons du port et le froid s'intensifie au fur et à mesure que nous nous rapprochons des glaciers. La visibilité est excellente, la mer plutôt calme, ce qui nous ne nous empêche pas de faire quelques montagnes russes !

Soudain le capitaine transmet par radio des indications au présentateur, qui nous signale un jet d'eau à 1h. Le moteur et les conversations s'arrêtent, tout le monde se précipite sur le bord droit du bateau, on n'entend plus que le ressac de la mer. Nous ne sommes plus qu'une paire d'yeux géants, aux aguets. Le temps semble suspendu, tout comme les photographes à leurs appareils. Finalement nous repartons, la baleine a dû plonger.
Camille se rend sur le promontoire du haut avec Monsieur Micro tandis que je reste sur le côté droit du bateau à côté de sympathiques new-yorkais avec qui je papote un peu.
Soudain, une deuxième alerte : un jet vers 11h/12h. De loin d'abord, puis nous nous rapprochons encore et encore, comme au ralenti. Et voilà la baleine de Minke, juste à côté de nous, indolente. Quelques jets encore, puis elle fait le gros dos et plonge paresseusement en soulevant sa queue qui est l'emblème de la compagnie d'observation. Incroyable. Je ne pensais pas être si émerveillée devant cette vision, dont j'ai tenté de vous prendre quelques photos. Car oui, nous avons vu une dizaine de cétacés en deux heures (et ça, ce n'est jamais trop, HAHAHA), et le côté droit m'a porté chance car au moins 7 baleines ont plongé dans mon champ de vision, certaines semblaient si proche de moi que j'aurais cru pouvoir les toucher.

Cette excursion aura également été l'occasion de se rendre compte que Camille n'a pas le pied très marin, elle aura même laissé son déjeuner en offrande à l'Océan ! Ma très blanche compagne est donc très heureuse de retrouver la terre ferme, mais déçue que la piscine d'Húsavík soit déjà fermée à notre retour.

Heureusement nous trouvons un camping assez facilement : le guide indiquait qu'il serait fermé depuis mi-septembre, c'est donc une bonne surprise, qui se transforme assez vite en cadeau empoisonné car cet endroit se révèle assez...miteux, il faut le dire. Or il est 18h25, le prochain camping est à 1h/1h30 de voiture et Camille n'ayant vraiment pas aimé le camping de la nuit dernière nous renonçons à revenir sur nos pas et nous préparons psychologiquement à nous boucher le nez dans les toilettes et à ne pas prendre de douche ce soir.

Les journées sont denses et semblent passer très vite et très lentement à la fois. Le temps ne s'écoule pas de la même façon lorsqu'on voyage, et ce d'autant plus lorsqu'on est nomades et que tout vaut le coup d'oeil !
Demain sera probablement notre dernière journée dans le Nord, et le programme en est déjà établi : rendez-vous demain soir !

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14 octobre 2017

Jour 6, Nord (Mývatn)

Nous commençons la journée par une petite virée à Godafoss, la chute des dieux, que l'on a la chance de découvrir sous un rayon de soleil (et entourées de maints touristes !). L'histoire de cette cascade apparaît dans les photos (j'allais vous la raconter mais elle était écrite en français à côté de la chute, alors bon !).

Nous reprenons ensuite vers Mývatn, la route qui y mène est réellement superbe : les glaciers, les pics de lave et les roches noires non moussues donnent au lieu une majesté presque désolée, jusqu'à ce que l'on trouve des îlots de nature au milieu de lacs scintillants : c'est un festival inattendu de couleurs automnales. Le vent s'est levé, une fine neige commence à tourbillonner : le froid s'installe.
Nous longeons d'immenses cratères nus, les arbres se dépenaillent. Le ciel se pare des couleurs sombres de la terre qui défile maintenant à perte de vue. Tout est réellement impressionnant car, comme souvent en Islande, démesuré, gigantesque, sauvage, dégagé.

Nous nous arrêtons pour visiter les grottes de Grjótagjá, dont l'histoire se trouve également dans les photos (elle vaut le coup d'oeil !). Pour les fans de Game Of Thrones, c'est dans cette grotte que John Snow et Ygritte...enfin, vous savez, la première fois, tout ça tout ça. L'eau qui se trouve à l'intérieur est incroyablement chaude, mais il est maintenant interdit de s'y baigner.

Nous nous attaquons ensuite à l'ascension de Hverfell, haut de 463m et large de 1040m. Au sommet la vue est bien sûr...paralysante : il fait froiiiiiid !!! Rafales de vent et de neige nous prennent d'assaut, nous ne traînons pas et allons nous réfugier sur le parking des bains de Mývatn, où nous pique-niquons (nous n'avons pas encore trouvé le pain de seigle mais c'est en projet !). Il fait tellement froid ici que nous ne pensons pas forcément à boire, du coup nous cuisinons pas mal de bouillons et de soupes !
Le reste de l'après-midi (car mine de rien il est déjà tard) sera consacrée aux bains (impossible de faire l'impasse dessus en étant ici !) et à la recherche d'un camping.

[Une particularité concernant les hot pot : l'eau, riche en souffre et en minéraux, abîme les bijoux en or et en argent car très corrosive. Nous nous sommes fait avoir avec notre premier bain chaud et ne portons plus nos bijoux depuis !]

Les bains de Mývatn sont...incroyables. Nous avons la chance de profiter d'un temps dégagé, d'un agréable soleil et d'un cadre idyllique (cf photos !). C'est donc notre premier bassin "naturel", avec sable et pierres volcaniques, et il faut reconnaître que l'expérience est concluante !

Il n'y a pas de mots pour décrire le coucher du soleil, les jeux de lumière, le décor...Nous en prenons plein les yeux !

Pour clôturer la journée en beauté, nous trouvons très facilement un camping à proximité, demain nous resterons sûrement encore dans le coin car nous sommes loin d'avoir fait le tour du lac de Mývatn !

Posté par Jambonneau777 à 20:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Quelques faits notables

Quelques faits plus ou moins rigolos observés ici :

En Islande les pièces de monnaie ne sont pas frappées à l'effigie de quelqu'un, la "face" des pièces représente un ou des animaux maritimes : poissons de toute sorte, seuls ou non, crabes...Et même des dauphins ! (Cette pièce là est assez kitsch du coup)

Dans les lieux communs et publics (cuisines, piscines), il fait tellement chaud que les fenêtres sont presque toujours ouvertes, malgré le chauffage à fond (sinon il fait trop froid). Mais...

L'Islande fonctionne à 100% grâce à l'énergie renouvelable (géothermie notamment), donc ce n'est pas vraiment du gaspillage.

D'ailleurs, je l'ai déjà dit, mais les islandais sont très écolos : c'est comme ça qu'on retrouve jusqu'à 8 bacs de recyclage dans les lieux communs, ce qui nécessite parfois réflexion !!

Les moutons sont dédaigneux (dixit Camille vexée de ne voir que des derrières à chaque fois qu'elle tente de s'approcher)

Il ne fait pas si froid que ça quand il n'y a pas de vent (6 degrés en moyenne), d'ailleurs dans ces cas-là nous avons presque trop chauds (Oui, on va être entraînées pour l'hiver lillois).

Les islandais parlent quasiment tous anglais, ce qui facilite grandement les échanges. Cela donne parfois lieu à des situations cocasses : nous entamons tous nos conversations en anglais, avant parfois de comprendre que nous discutons entre français ! ("Ah ben ça va être plus simple tiens !").

Sans vouloir faire dans le cliché, les hommes islandais ont pour la grande majorité une barbe à la Viking (et sont souvent un peu dégarnis ajoute Camille)

Beaucoup d'islandais (et islandaises) croient aux elfes, aux trolls et autres créatures du "peuple caché", mais ne l'admettrons jamais devant un étranger.

En 2015 il y avait 325 671 habitants sur l'île pour...476 000 moutons (quand on vous dit qu'on en croise tout le temps !)

Nous ne pourrons pas vraiment vous parler de la gastronomie de L'Islande car elle nous est inaccessible : beaucoup de poissons, fruits de mer, viande séchée ou non (renne, mouton, cheval, macareux et autres oiseaux), produits laitiers. Quel dommage : nous ratons la tête de mouton bouillie, le fromage de tête, la panse de brebis farcie, le pain de testicules de bélier, le requin enfoui 6 mois sous terre pour qu'il devienne comestible (et donc faisandé), à la douce effluve d'ammoniac (le requin "transpire" son urine). A manger avec de l'eau de vie pour faire passer !
Nous pourrons toutefois goûter le rúgbraudh, pain de seigle noir à la mie compacte cuit grâce à la vapeur des sources géothermales. C'est une spécialité du Mývatn et cela tombe bien car c'est là que nous nous rendons aujourd'hui !

Posté par Jambonneau777 à 11:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]